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Rédigé par Matthieu H. - À jour le À jour le 12/02/2021

Fin des chaudières à fioul en 2021 : tout savoir

La fin des chaudières à fioul est une mesure qui vise à limiter les rejets de CO2. Elle intervient dans une optique de limiter la dépendance de la France aux hydrocarbures. Il s’agit d’un dispositif bien précis pour accompagner la transition énergétique en France. Qui concerne-t-elle ? Que dit la loi ? Comment s’appliquera-t-elle aux bâtiments neufs et existants ? Quelles sont les alternatives au fioul ? Monexpert fait le point dans ce guide.

Fin des chaudières à fioul : que dit la loi ? 

Le 11 janvier 2021, est paru un projet de décret interdisant l’installation de chaudières émettant plus de 250 grammes de CO2 par kWh pour la production de chaleur ou d’eau chaude. Il concerne les particuliers et les entreprises. 

Cette norme s’applique en théorie à tout type de chaudière, mais en réalité elle vise en premier lieu les chaudières à fioul et à charbon, qui rejettent en moyenne 270 g CO2 / kWh. A titre de comparaison, les chaudières : 

  • au gaz naturel émettent environ 200 g CO2 / kWh 
  • celles fonctionnant avec des granulés de bois, environ 33 g CO2/ kWh 

Des exceptions existent pour les logements existants, en particulier si le raccordement au réseau de chaleur est impossible ou s’il y a une impossibilité technique à installer un autre type de chaudière. 

Enfin, cette nouvelle réglementation figurera dans le Code de l’énergie et de l'habitat et s’appliquera : 

  • À partir du 1er juillet 2021 pour les bâtiments neufs ;
  • À partir du 1er janvier 2022 pour les bâtiments existants. 

Il n’y a donc pas d’interdiction des chaudières à fioul dans ce texte. Mais vous allez voir qu’en réalité, il y a de bonnes raisons de se préparer à la fin des chaudières à fioul.

🧐 Pourquoi la fin des chaudières à fioul ?  

Les chaudières à fioul sont dans le collimateur des pouvoirs publics depuis plusieurs années, car elles regroupent plusieurs inconvénients dans le cadre de la transition énergétique à laquelle la France s’est engagée lors des Accords de Paris sur le Climat

En effet, dans le cadre de la Stratégie Nationale Bas Carbone, il est prévu de diviser par 10 les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France en 2050. Le secteur du bâtiment étant responsable de 20% des émissions totales, il est logique que le gouvernement prenne des mesures fortes pour accélérer la transition énergétique.

Dans ce contexte, en novembre 2018, le gouvernement s’est engagé à arrêter sous 10 ans le chauffage domestique au fioul. On voit donc que la tendance n’est pas favorable à ce mode de chauffage, ce qui se comprend, car il accumule des défauts importants : 

  • Il émet beaucoup de CO² et d’autres polluants, en particulier du soufre 
  • Une grande partie des chaudières sont anciennes et donc moins efficaces 
  • Il s’agit d’une ressource fossile et donc non renouvelable
  • Selon l’Ademe, c’est le mode de chauffage le plus cher 

Ainsi, l’interdiction de l’installation des chaudières au fioul en 2022 n’est qu’une étape supplémentaire vers une disparition totale de ce moyen de chauffage à l’horizon 2030. C’est donc bien le début de la fin pour les chaudières au fioul.

🧐 Est-on obligé de changer d’équipement ?

La réponse est pour le moment très claire : non, ça n’est pas obligatoire. Les installations restent possibles pour les bâtiments dont le permis de construire est déposé avant le 1er juillet 2021 dans le cas de constructions, et pour les bâtiments déjà existants jusqu’au 1er janvier 2022.

Le gouvernement a donc fait le choix d’un remplacement progressif, ce qui se comprend facilement.  En 2015, 3,5 millions de logements étaient encore chauffés au fioul, dont 85% de maisons individuelles. Interdire purement et simplement les chaudières au fioul aujourd’hui impliquerait donc de remplacer immédiatement plus de 3 millions de chaudières

Cependant, on peut imaginer qu’à terme, le changement des chaudières au fioul deviendra obligatoire

  • Soit par l’interdiction des réparations lourdes comme c’est déjà le cas pour les bâtiments de l’État 
  • Soit par l’interdiction des chaudières les plus anciennes
  • Soit, indirectement, par une augmentation supplémentaire des taxes sur le fioul domestique et le fioul lourd. Elles représentent déjà près de 40% du prix du fioul

À terme, changer sa chaudière au fioul sera sans doute obligatoire, ou du moins très fortement conseillé. L’État s’est engagé à remplacer toutes ses chaudières au fioul (sauf pour le parc immobilier des Armées et du ministère de l’Intérieur) d’ici 2029. On peut imaginer que le remplacement obligatoire pour les particuliers interviendra autour de 2030.

Quelles alternatives pour remplacer sa chaudière au fioul ? 

Heureusement, des alternatives existent pour remplacer votre chaudière à fioul sans avoir à remplacer tous vos radiateurs pour passer au chauffage électrique. En effet, le système de chauffage ne se limite pas à la chaudière, mais tient compte de tout votre équipement : 

  • la production de chaleur 
  • sa distribution au sein de votre logement
  • la régulation de la température 
  • l’isolation afin de ne pas gaspiller l’énergie. 

Si vous souhaitez remplacer votre chaudière au fioul, vous avez plusieurs alternatives : 

♨ La chaudière au gaz : une alternative, mais pour combien de temps ? 

42% des ménages se chauffent au gaz naturel. Économique, il revient en moyenne à 1415 € par an selon l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). Cependant, il ne faut pas perdre de vue que le gaz est à peine moins polluant que le fioul

Il est le prochain concerné par une interdiction progressive. La Réglementation Environnementale 2020 (RE 2020) interdira l’installation de chaudières à gaz dans les constructions neuves. 

Néanmoins, à l’heure actuelle il est toujours possible de faire installer une chaudière au gaz en bénéficiant des aides de l’État pour diminuer le coût de cet investissement. Comptez entre 3 000 € et 7 000 € pour l’installation d’une chaudière à condensation. Ces chaudières à très haute performance énergétique présentent l’avantage de disposer d’un rendement parfois supérieur à 100%. 

Le véritable avantage du gaz, c’est son prix du kWh réduit par rapport à l’électricité : 7 centimes d’€/ kWh contre 18 centimes €/ kWh en moyenne. 

Les chaudières au gaz restent donc de bonnes alternatives à l’heure actuelle, si l’emplacement géographique de votre logement vous le permet. En effet, la plupart des ménages ont fait le choix du fioul, car le réseau de gaz ne les desservait pas. 

En outre, le gaz suit le même chemin que les chaudières au fioul. Peut-être est-il plus sage d’anticiper l’évolution des normes écologiques dans les années à venir, surtout si vous comptez conserver votre logement plus de 10 ans. À la revente, ce sera peut-être un argument décisif ! 

⚡ Les pompes à chaleur air/eau ou eau/eau : une alternative viable

La technologie des pompes à chaleur (PAC) est bien maîtrisée et permet aujourd’hui de bénéficier d’un mode de chauffage et éventuellement de production d’eau chaude performants. Elles fonctionnent grâce à la différence de température qu’elles exploitent pour produire de la chaleur avec de l’électricité. 

Les modèles air/eau et eau/eau permettent également la production d’eau chaude et la réutilisation des radiateurs à eau qu’alimente votre chaudière à fioul. Les PAC air/air ou sol/sol sont également envisageables en combinaison à un chauffe-eau électrique.

Avec un coût initial (incluant la pose) allant de 10 000 € à 20 000 €, les pompes à chaleur air/eau ou eau/eau représentent un investissement conséquent. 

Mais, peu gourmande en énergie, la PAC vous aide à faire des économies de chauffage. On estime que remplacer une chaudière fioul par une pompe à chaleur induit près de 50% d'économies d’énergie. L’installation est vite rentabilisée. 

En outre, il est possible de les financer avec des aides à la rénovation thermique. Cela permet de compenser une partie du surcoût. Et surtout, il s’agit d’un mode de chauffage écologique. Pas de risque de voir une interdiction dans les décennies qui viennent ! Cela conduit souvent à une augmentation de la valeur de votre bien à la revente.

🔥 Les poêles à bois et les chaudières à granulés

Alors que le bois émet du CO² lors de sa combustion, comme le fioul ou le gaz, on considère qu’il rejette à peine 33 g CO2 / kWh. En réalité, ce chiffre prend en compte le CO² absorbé par les arbres au cours de leur croissance. Cette compensation s’explique par le fait que les forêts françaises sont durablement gérées. Il y autant d'arbres plantés que d’arbres coupés tous les ans. 

On comprend mieux la très bonne performance énergétique des chaudières à bûches ou à granulés (aussi appelés pellets). De plus, des labels comme Flamme Verte certifient que la combustion rejette un minimum de polluants dans l’atmosphère

En plus d’être écologique, le chauffage au bois est très économique.  En fonction de votre fournisseur, vous pouvez avoir un coût de chauffage à peine supérieur à 800 € par an. D’autre part, le prix d’installation varie entre 1 500 € et 4 500 € pour un poêle à bois, tandis que les chaudières à bois coûtent de 7 000 € à 25 000 € en incluant la pose. C’est donc un investissement à long terme pour avoir un chauffage alternatif et écologique. 

Quelles aides pour changer de chaudière fioul ? 

Les alternatives pour remplacer votre chaudière au fioul impliquent toutes des coûts d’installation importants. Heureusement, les aides à la rénovation énergétique sont nombreuses et certaines peuvent se cumuler. Un petit tour d’horizon des aides auxquelles vous pouvez prétendre.

🔹 MaPrimeRénov’ 

Cette aide ouverte à tous vous permet de financer l’installation d’une nouvelle chaudière. En fonction de votre code postal, du type d’installation que vous choisissez et de vos revenus, le montant de la prime varie. 

Ainsi, pour une chaudière à granulés de bois, la prime va de 1 500 € à 3 000 €, tandis que pour une pompe à chaleur Air/Eau, elle peut monter jusqu’à 4 500 €.

🔹 La Prime Énergie Monexpert

La Prime Énergie Monexpert a été lancée via les Certificats d’Economie d’Énergie (CEE). Cumulable avec MaPrimeRénov’, elle prend en charge une partie des travaux de rénovation thermique. Elle est ouverte à tous les ménages. Son montant varie en fonction de vos revenus et des travaux engagés.  

Vous souhaitez changer de chaudière? N’hésitez pas à simuler le montant des primes cumulées avec notre simulateur. Cela vous permettra d’établir facilement un budget travaux. 

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Vous souhaitez changer de chaudière ? Obtenez entre 1 200 € et 4 000 € de Prime Énergie avec Monexpert !

🔹 L’éco-prêt à taux zéro 

Le remplacement d’une chaudière coûte cher. Si vous n’avez pas les fonds disponibles, l’éco-prêt à zéro (Eco-PTZ) peut être une avance de trésorerie bienvenue. 

D’un montant maximum de 30 000 €, il peut couvrir l’intégralité des travaux éligibles et sa durée de remboursement maximale est de 15 ans. Vous avez 3 ans à partir du déblocage du prêt pour réaliser les travaux, mais vous devez fournir toutes les factures justifiant les dépenses. 

Attention cependant, s’il n’y a aucune condition de ressources, ce dispositif s’arrêtera au 31 décembre 2021 ! 

💡 Bon à savoir :

Pour demander les aides, vous devez faire réaliser les travaux par des professionnels RGE. « Reconnus Garants de l’Environnement », ces artisans disposent de compétences pointues dans un domaine de la rénovation énergétique. Cela vous donne également le droit à un taux de TVA à 5,5%.

📋 En résumé : 

  • La fin des chaudières à fioul est une mesure visant à limiter l’empreinte carbone de la France 
  • Il ne sera plus possible d’installer une chaudière à fioul chez vous dès 2022 (été 2021 dans les logements neufs) 
  • Il n’y a aucune obligation de remplacer sa chaudière à fioul dès maintenant. Toutefois, c’est conseillé pour faire des économies d’énergie 
  • Les chaudières à bois et les pompes à chaleur sont les meilleures alternatives au fioul. Les chaudières à gaz devraient être interdites également dans quelques années 
  • Pour vous aider à remplacer votre chaudière fioul, vous pouvez bénéficier d’aides à la rénovation thermique
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À propos de l'auteur : Matthieu H.

Après plusieurs années dans diverses entreprises du BTP, j'ai tout quitté pour me lancer dans l’aventure de Monexpert. Ce fut, pour moi, l’opportunité de transmettre mon savoir-faire et mes connaissances auprès des particuliers.