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Rédigé par Sébastien M. - À jour le 17/05/2022

Quelle puissance de poêle à bois choisir pour quelle surface ?

Vous avez décidé d’installer un poêle à bois chez vous ? Excellente idée, cela vous permettra de faire des économies d’énergie ! Toutefois, pour choisir le bon appareil, il convient de bien dimensionner vos besoins en chauffage. Quel poêle à bois choisir pour quelle surface ? Quels autres critères entrent en jeu ? Monexpert fait le point avec vous.

Choisir la bonne puissance : calcul et critères

Un poêle à bois est bien souvent un chauffage d’appoint. Il entre en complément avec un système de chauffage central (gaz, fioul, etc.) ou électrique. En général, on l’installe dans une pièce à vivre comme un salon ou une cuisine. Le bois étant l’énergie de chauffage la plus économique, il permet de chauffer cette pièce et de moins faire appel à votre chaudière ou à vos radiateurs électriques

Pour bien se chauffer avec un poêle à bois, il faut choisir un appareil à la bonne puissance. La puissance de chauffage correspond à la capacité de votre système de chauffage à réchauffer une pièce ou un bâtiment. Plusieurs critères sont à prendre en compte pour bien la déterminer.

Comprendre la différence entre puissance nominale et plage de puissance 

La puissance d'un poêle à bois peut s'exprimer selon un rang de puissance ou une puissance nominale.

La plage de puissance

Elle indique la puissance minimale et maximale du poêle. La puissance minimale correspond à la puissance de départ, lorsqu'on l'allume et qu'on le fait monter en température.  La puissance maximale est celle que le poêle ne peut pas dépasser. 

La puissance nominale  

La puissance nominale d’un poêle à bois correspond à la puissance atteinte dans des conditions normales d'utilisation. Elle est calculée en laboratoire. C'est cette donnée qu'il faut prendre en compte au moment de l'achat du poêle.

Comment calculer la puissance de mon futur poêle par rapport à la surface à chauffer ? 

Il existe une formule plus précise utilisée par les chauffagistes pour calculer la puissance idéale d'un poêle à bois

P = V x G x (Ti – Te)

Pour bien comprendre ce calcul, il faut savoir que

  • P signifie "Puissance" en watt
  • V correspond au volume à chauffer en m3
  • Te représente la température extérieure de référence de votre lieu de résidence. Celle-ci est déterminé par norme française NF EN 12831 en fonction de l'altitude et l'emplacement géographique
  • Ti est votre température de consigne à atteindre
  • G correspond la performance thermique du bâtiment, à savoir la qualité de l'isolation. Pour un logement construit avant 1975, le coefficient est de 1,5 alors qu'il est de 0,5 pour une maison respectant les exigences de la RT 2012. 

Prenons un exemple. Pour un logement construit en 1972, de 80 m² avec 2,5 m sous plafond, soit un volume de 175m² de hauteur à 100 m d’altitude à Rouen en Normandie, le calcul sera le suivant  :

175 m3 x 1,5 x(20- (-7)) = 7,087 soit un poêle d'environ 7 kW. 

Pour bien déterminer la puissance de votre appareil, pensez à faire appel à un professionnel « reconnu garant de l’environnement » (RGE). Cela vous permettra également de demander les aides à la rénovation énergétique (Prime Énergie Monexpert, MaPrimeRénov’, TVA à 5,5%, etc.). Ces aides sont ouvertes à tous les ménages sans condition de revenus et peuvent se cumuler entre elles.
 

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Les critères qui impactent le choix de la puissance

Le climat régional 

Le climat joue un rôle essentiel dans votre choix de poêle à bois. Dans les régions les plus froides, il faudra bien souvent acheter un appareil plus puissant que dans le sud de la France. En effet, généralement plus les températures extérieures sont basses plus les besoins en chauffage sont conséquents. C'est d'autant plus le cas quand votre logement présente une isolation vétuste.

Chauffage principal ou d’appoint ?

En général, les poêles à bois servent de chauffage secondaire. Ils viennent en complément d'un système de chauffage central. Toutefois, certains modèles comme les poêles de masse ou les poêles à accumulation peuvent chauffer un logement entier. Ils présentent une puissance allant jusqu'à 20 kW. 

Le degré d'isolation et le volume à chauffer

La surface à chauffer et la qualité de l’isolation de votre maison permettent de sélectionner la puissance du poêle dont vous avez besoin. Selon Aäsgard, fabricant d’appareils de chauffage au bois, il faudra compter :

  • 1 kW de puissance pour chauffer 10 m² (logement classique)
  • 1 kW pour chauffer 20 m² dans un bâtiment basse consommation (BBC) construit après 2013. 

Ainsi, la plupart du temps, vous devrez opter pour un poêle d’une puissance de 5 kW pour chauffer 50 m² et de 10 kW pour chauffer 100 m². Pour vous donner une idée plus précise, voici un tableau présentant la puissance à adopter en fonction de la surface et de la qualité de l'isolation chez vous. 

Puissance adaptée en fonction de la surface à chauffer en m²

Surface

Logement construit avant 2013

Isolation vétuste 

Logement construit après 2013

Isolation renforcée 

80 m² 8 kW 4 kW
100 m² 10 kW 5 kW 
120 m² 12 kW 6 kW
200 m² 20 kW 10 kW

 

Quels sont les risques si la puissance du poêle a été mal déterminée ? 

Une puissance mal choisie aura un impact sur votre consommation de bois et sur votre confort. C'est pourquoi, il faut prêter une grande importance à cet élément. Vous pouvez vous faire aider par un professionnel RGE pour déterminer la bonne puissance pour votre logement. 

Une puissance trop importante 

Choisir un poêle d’une puissance trop importante n'améliore pas votre confort de chauffe. Au contraire, il aura tendance à surchauffer et à consommer plus de combustible (granulés ou bûches).

Un poêle sous calibré

À l’inverse, sous-dimensionner la puissance du poêle ne vous permettra que difficilement d’atteindre une température de consigne à 19°C. 

Rendement de l’appareil : le label Flamme Verte

Si la puissance est un premier indicateur, il faut également regarder le rendement de votre poêle à bois. Le rendement est défini comme le rapport entre l’énergie consommée et la chaleur produite. Afin d’être sûr de profiter d’un appareil avec un bon rendement vous pouvez vous baser sur le Label Flamme Verte

Mis en place avec le concours de l’Ademe, le label Flamme Verte vise à « promouvoir l’utilisation du bois par des appareils de chauffage performants dont la conception répond à une charte de qualité exigeante en termes de rendement énergétique et d’émissions polluantes, sur laquelle s'engagent les fabricants ». 

En matière de rendement, pour bénéficier de ce label, les appareils doivent présenter les caractéristiques suivantes : 

  • Un rendement supérieur ou égal à 75% dans le cadre des poêles à bûches
  • Un rendement supérieur ou égal à 87 % pour les poêles à granulés

En vous fiant au label Flamme Verte, vous serez sûr de faire preuve d’un chauffage écologique et économique.

Comment optimiser le rendement du poêle ?

Pour optimiser le rendement du poêle, il faut prêter attention à plusieurs éléments. Voyons cela ensemble. 

1. Le débit d'air 

L'oxygène est nécessaire à une bonne combustion. Cependant, pour consommer le moins possible de bois (bûches ou granulés), il faudra penser à bien régler le débit d'air. La vitesse de combustion influe sur votre confort et votre consommation. 

Si le débit d'air est trop important, alors le combustible brûlera trop vite. Vous aurez tendance à surconsommer et à surchauffer. A l'inverse, si le débit n'est pas assez important, il sera difficile d'atteindre la température de consigne et vous risquez d'avoir froid. 

2. Le choix du combustible 

En choisissant un combustible de bonne composition, vous aurez tendance à réduire votre facture de chauffage.

Les bûches 

Pour les bûches, il faut s'attacher à regarder les essences de bois. Privilégiez les feuillus durs, c'est à dire les hêtres, les chênes ou encore le frêne. A l'inverse, évitez les résineux qui émettent de la sève et encrassent votre appareil. Au moment de le stocker, attention à l'humidité. Le bois doit être bien sec pour se consumer sans produire trop de suie. 

Les granulés 

Pour choisir un granulés de qualité, vous pouvez vous fier à des labels comme "NF biocombustibles" ou "Din Plus". Afin de ne pas obstruer le conduit du poêle, le mieux est de prendre des pellets de petite taille. Ils circuleront plus facilement entre le réservoir et le foyer. 

3. Remplir le poêle petit à petit

En remplissant trop le foyer, on peut facilement étouffer le feu. Cela génère de la fumée qui vient salir votre conduit avec des dépôts de suie. Il vaut mieux recharger progressivement l'équipement. 

4. L'entretien

Mieux le poêle sera entretenu plus il conservera ses performances dans la durée. Il faudra penser à vider régulièrement les cendres dans le foyer et à procéder aux deux ramonages obligatoires annuels. De cette manière, vous préviendrez également les intoxications au monoxyde de carbone. 

L’importance de l’emplacement 

Outre la puissance et le rendement pour que le poêle puisse chauffer toute la surface d’une pièce, il faut trouver le meilleur emplacement. Choisissez d’abord une pièce à vivre (salon, salle à manger, cuisine, etc.) peu humide et si possible bien isolée. Une mauvaise isolation favorise les échanges thermiques et aura tendance à faire augmenter la consommation de votre équipement. 

Pour optimiser la diffusion de la chaleur, il faut placer votre poêle au centre de la pièce ou contre une paroi, dans un endroit dégagé. Orientez le foyer vers l’intérieur de votre logement. Dans les petits espaces pour gagner de la place, vous pouvez le poser au niveau d’un angle. 

Afin de limiter les pertes de chaleur, vous pouvez installer des panneaux rayonnants derrière le poêle. Ils réfléchiront la chaleur et la renverront vers le centre de la pièce. Enfin, éloignez-le des fenêtres. En effet, il s’agit de ponts thermiques qui risquent d’influer sur les besoins en combustible du poêle.

💡 Bon à savoir : 

L’installation d’un poêle nécessite de répondre à certains critères de sécurité. Notamment, il implique d’évacuer des fumées, donc l’installation de conduits d’évacuation. C’est pourquoi, il convient de réaliser une visite technique avec un artisan RGE. Ce professionnel vous indiquera si l’endroit qui vous paraît le plus optimal permet de respecter ou non les normes de sécurité.

📋 En résumé : 

  • La puissance d’un poêle à bois dépend de la surface à chauffer. En général, dans une maison classique, on applique un ratio de 1 kW pour 10 m2.
  • Le rendement du poêle à bois est un autre critère à regarder. Plus le rendement sera bon, moins il consommera de combustible. Par quelques bons gestes, on peut optimiser le rendement
  • L’emplacement du poêle joue sur le confort thermique. Le choix de l’emplacement est donc primordial pour bien vous chauffer.

Questions fréquentes

Puis-je bénéficier d'aides à la rénovation pour mon poêle à bois ? 

Oui, vous pouvez demander diverses aides à la rénovation énergétique. Les plus connues sont MaPrimeRénov' et la Prime Énergie Monexpert. Elles vous permettent de financer l'installation d'un poêle à granulés ou d'un poêle à bûches. Pour vous donner une idée, voici un tableau des aides cumulées pour l'achat d'un poêle à pellet.

Le barème de MaPrimeRénov' a évolué au 15 avril 2022. Si votre équipement de chauffage à bois permet de remplacer une chaudière fioul ou gaz, le montant de l'aide est relevé de 1000 €

Selon l'Ademe, environ 5% des ménages se chauffent au bois. Ce chiffre apparait comme relativement faible quand on sait que le bois est l'énergie de chauffage la moins chère. 

Cela dépend avant tout de la surface dont vous disposez. Dans un petit logement, si vous manquez d'espace, le plus simple sera d'opter pour un poêle à granulés. Si vous pouvez stocker les bûches, le poêle à bûches peut s'avérer une bonne option. Il est souvent un peu moins cher à l'achat. 

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À propos de l'auteur : Sébastien M.

Passionné de nouvelles technologies et de bricolage, à mes heures perdues, je fabrique mes vélos électriques et autres objets connectés mais toujours dans une démarche écologique.

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