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Rédigé par Matthieu H. - À jour le 18/02/2021

Ponts thermiques : tout savoir pour les neutraliser

Vous avez sans doute croisé le terme de “pont thermique” en faisant quelques recherches sur la meilleure manière d’isoler votre logement. Dans un logement construit avant 1974, ils sont responsables d’environ 5% des pertes de chaleur, selon l’Ademe. Ce sont donc les véritables points faibles de votre isolation, à éliminer pour améliorer le confort thermique de votre logement.

Qu’est-ce qu’un pont thermique? 

Le pont thermique est un élément de votre habitat qui n’est pas correctement isolé et qui est source de déperdition de chaleur. Ainsi, un mur sans isolation, une fenêtre ancienne ou la jonction entre votre balcon et le plancher intérieur peuvent constituer des ponts thermiques. Ils apparaissent le plus souvent quand un de ces trois critères est présent : 

  • L’isolant n’est pas présent de manière continue : interstice entre deux plaques d’isolant solide, appui de fenêtre en bois, jonction entre le mur et le toit… 
  • La géométrie des murs extérieurs (l’enveloppe) change : présence d’un balcon, jonction d’un mur de refend (mur porteur intérieur) avec un mur extérieur, conduit sortant du logement...
  • Il y a une jonction entre deux matériaux différents :  entre un plancher en bois et un mur en béton, entre le mur et les menuiseries...

Ainsi, les ponts thermiques peuvent prendre différentes formes et ne sont pas toujours faciles à identifier au premier coup d'œil. De plus, certains ponts thermiques ne sont pas visibles, car il s’agit d’éléments structurels de la construction (isolation souterraine des murs extérieurs ou de la dalle sous le sol du logement). 

Pourquoi est-ce un problème pour votre isolation? 

Tant que votre logement n’est pas isolé, les ponts thermiques ne représentent pas une grande proportion des pertes de chaleur. Mais leur importance augmente en proportion au fur et à mesure que vous réduisez les autres sources de déperdition de chaleur. Les ponts thermiques posent plusieurs problèmes : 

  • Ils sont source de déperdition de chaleur, 
  • Ils contribuent à refroidir les murs et à diminuer la température ressentie dans votre logement, 
  • Ils laissent bien souvent passer l’humidité qui peut dégrader votre logement et rend votre chauffage moins efficace

Ainsi, les ponts thermiques diminuent l’efficacité de votre isolation. A ce titre, ils doivent être pris en compte dès que vous effectuez des travaux de rénovation ou susceptibles de créer de nouveaux ponts thermiques (extension, ouverture pour une fenêtre ou un vélux, installation d’une terrasse… ) et de dégrader le bilan énergétique de votre logement. 

Heureusement, les ponts thermiques sont bien connus des professionnels et doivent être pris en compte dans les constructions de logements neufs depuis janvier 2013 dans le cadre de la RT2012. La déperdition de chaleur, mesurée par le coefficient de transfert thermique en Watt par mètre-kelvin (W/mK), est notée Ψ. 

Depuis la RT2012, ce coefficient moyen pour l’ensemble du bâtiment doit être inférieur à 0,28 W/(m²K). Avec la RE 2020, l’obligation de construire des bâtiments à énergie positive poussera sans doute à traiter les ponts thermiques avec encore plus d’efficacité. 

Comment identifier les ponts thermiques

Si votre logement est ancien, il est très probable que de nombreux ponts thermiques subsistent. Heureusement, la plupart sont faciles à identifier et vous pouvez sans difficulté les repérer vous-même. Néanmoins, l’expertise d’un professionnel pourra être un plus, en particulier si vous prévoyez de réaliser des travaux d’isolation

Les ponts thermiques les plus communs

Les deux-tiers des logements français datent d’avant 1974 et des premières normes portant sur l’isolation des logements. Il est donc tout à fait possible que votre logement n’ait aucune isolation : si c’est le cas, autant  prendre en compte les ponts thermiques dès le début de vos travaux. Dans tous les cas, les ponts thermiques se retrouvent habituellement aux mêmes endroits : 

  • A la jonction entre la toiture et les murs 
  • Entre les planchers (intermédiaires et au sol) et les murs 
  • Les montants des ossatures bois
  • Entre les menuiseries des fenêtres et les murs
  • Les chevrons, les poutres apparentes, les canalisations et les points de fixation : tous les éléments qui traversent ou coupent les murs 

Bien sûr, tous ces ponts thermiques potentiels peuvent avoir été isolés lors de travaux de rénovation précédents. Il est toujours préférable de faire appel à un professionnel pour identifier la meilleure méthode d’isolation ou pour confirmer la présence d’un pont thermique, mais vous pouvez aussi faire une partie du diagnostic vous-même. 

Comment vérifier la présence d’un pont thermique? 

Si vous souhaitez vérifier que l’isolation de votre logement n’est pas dégradée par la présence d’un pont thermique, plusieurs méthodes s’offrent à vous. 

Tout d’abord, en première approximation, vous pouvez repérer un pont thermique grâce aux conséquences qu’il entraîne : température ressentie faible alors que la pièce est chauffée, présence d’humidité ou de moisissures à un des lieux potentiels, parois froides au toucher… La présence de plusieurs de ces facteurs ne signifie pas nécessairement qu’un pont thermique est présent, mais ce sont des indices à ne pas négliger. 

Si vous souhaitez vérifier un peu par vous-même, il est possible d’investir dans un thermomètre à infrarouge qui permet de mesurer la température des matériaux à distance. Même si la température relevée n’est pas très précise, il vous permettra de noter les variations de température très importantes qui indiquent un pont thermique. Même si quelques degrés de différences à proximité des ouvertures sur l’extérieur sont normaux, cela permet de contrôler assez rapidement la présence de ponts thermiques. 

Enfin, la méthode la plus fiable et nécessaire si vous souhaitez vous lancer dans des travaux d’isolation est de faire intervenir un professionnel. L’utilisation d’une caméra thermique permet de photographier les différences de température et de disposer d’un état précis des déperditions d’énergie. Bien entendu, le passage par un professionnel RGE pour vos travaux d’isolation vous permettra de bénéficier de primes qui en diminuent le coût.

Isoler les ponts thermiques

Une fois que votre logement est isolé, les ponts thermiques peuvent représenter jusqu’à 30% des pertes de chaleur. Heureusement, il existe plusieurs méthodes pour diminuer la déperdition de chaleur. Cependant, le choix de la meilleure méthode dépendra des caractéristiques propres de votre logement : parlez-en à un professionnel certifié avant d’engager des travaux coûteux. 

Le choix de la méthode d’isolation des murs

L’isolation des murs est l’élément déterminant dans l’importance des ponts thermiques : en effet, l’isolation par l’extérieur (ITE) permet d'éliminer la majorité des ponts thermiques. La plupart des ponts thermiques sont dus à un élément situé à l’intérieur du logement (menuiserie des fenêtres, mur de refend, planchers….). Ceux-ci ne posent problème que s’ils causent une discontinuité dans l’isolation. Or, en isolant les murs par l’extérieur, ces éléments sont également isolés et ne permettent donc pas la perte de chaleur. 

En revanche, même dans le cas d’une isolation par l’extérieur, des ponts thermiques potentiels subsistent : jonction entre la toiture et les murs, isolation du sol, canalisations qui sortent du logement… En fonction de l’époque de construction de votre logement et des éventuels travaux d’isolation déjà effectués, vous aurez plus ou moins de ponts thermiques à traiter si vous souhaitez améliorer votre isolation. 

Même si l’isolation par l’extérieur est plus efficace pour se prémunir des ponts thermiques, elle est aussi plus chère et ne convient pas à toutes les façades. Deux techniques existent dans le cas des bâtiments existants.

  • Elle peut prendre la forme de plaques d’isolant recouvertes d’enduit. Ces plaques sont vissées ou collées au mur. Une première couche d’enduit avec un treillis d’armature en fibre de verre est appliquée puis il s’agit de traiter la façade pour égaliser et procéder aux finitions. 
  • L’isolation avec un bardage est également possible : une ossature (bois, terre cuite, composite) accueille l’isolant et le protège de la pluie grâce au bardage. Cette méthode donne lieu à quelques ponts thermiques au niveau des points de jonction de l’ossature et du bardage, mais il s’agit tout de même d’un gain d’isolation certain

Dans tous les cas, l’isolation par l'extérieur est plus chère: en moyenne, comptez entre 50€ et 80€ par mètre-carré. A comparer au budget d’une isolation par l’intérieur (ITI) qui va de 30€/m² à 60€/m². Cependant, l’ITE apporte quelques avantages supplémentaires : 

  • Il n’y a pas de perte de surface habitable 
  • Les travaux peuvent avoir lieu pendant que les habitants occupent les lieux 
  • Les matériaux ont en moyenne une meilleure performance énergétique 

Même si de nombreuses aides existent pour la rénovation énergétique, ces travaux représentent un coût certain. Il peut être plus pertinent - et plus en accord avec votre budget - de choisir d’autres méthodes pour l’isolation des ponts thermiques. 

Les rupteurs de pont thermique : une solution nouvelle à envisager

Le principe des rupteurs de pont thermique est simple :  il s’agit d’un dispositif d’isolation spécifiquement conçu pour isoler un pont thermique. Si, dans un premier temps, cette technique a été créée pour l’isolation par l’intérieur, il existe aujourd’hui des rupteurs de ponts thermiques intégrés à la construction ou dans les process d’isolation par l’extérieur. Le plus souvent appliqués à l’intérieur du logement, les rupteurs de pont thermique doivent présenter quatre caractéristiques essentielles : 

  • Assurer une isolation thermique continue 
  • Ne pas mettre en cause l’intégrité de l’enveloppe 
  • Permettre une isolation acoustique 
  • Ne pas représenter de risque d’incendie 

Les rupteurs sont constitués de deux parties pour répondre à ces différentes contraintes : 

  • L’isolant : laine de roche, polystyrène… Il doit être ignifugé et proposer un bon indice de conductivité thermique (<0,065 W/(mK) dans la RT2012) ainsi qu’une isolation acoustique,
  • Les armatures doivent assurer la stabilité de l’enveloppe et répondre aux normes incendies et antisismiques. 

Les rupteurs thermiques étant des produits techniques, leur conception est encadrée et soumise à validation par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB). Il est également notable que l’avis d’un professionnel pour la pose d’un rupteur thermique est obligatoire si vous ne souhaitez pas risquer un défaut de couverture par l’assurance en cas de problème.. 

Quelles aides pour isoler les ponts thermiques ? 

Pour vous aider à éliminer les ponts thermiques, il est possible de bénéficier d’aides à la rénovation énergétique. Découvrons à quelles aides vous avez le droit. 

La Prime Énergie Monexpert 

La Prime Énergie Monexpert a été créée dans le cadre du dispositif des Certificats d'Économies d'Énergie (CEE). Tous les ménages y sont éligibles. 

Son montant varie en fonction : 

  • du revenu du foyer 
  • des travaux réalisés 
  • du code postal de votre logement
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Recevez jusqu'à 42 € de Prime Énergie par m² avec Monexpert pour isoler vos murs ! La demande est gratuite, sans engagement et ouverte à tous !

MaPrimeRénov’

MaPrimeRénov', est une aide ouverte à tous. Cumulable avec la Prime Énergie, elle permet également de diminuer le montant des travaux. Son montant dépend : 

  • des revenus du foyer 
  • de votre lieu de résidence 
  • des travaux engagés 

L’Eco-PTZ

Enfin, les ménages peuvent prétendre à l'Éco-Prêt à Taux Zéro (Eco-PTZ) pour financer leurs travaux de rénovation thermique. D’un montant maximum de 30 000 € par foyer, il est remboursable sur 15 ans.

Vous pouvez le demander dans une banque ayant signé une convention avec l’Etat. Les travaux devront être effectués dans une résidence principale construite depuis plus de 2 ans.

📋 En résumé : 

  • Les ponts thermiques représentent 5% des pertes d’énergie d’un logement 
  • Vous pouvez les repérer via un audit thermique
  • Il est possible de les neutraliser en passant par une isolation des parois
  • Pour financer les travaux, vous pouvez passer par des aides à la rénovation énergétique
  • Pour cela, il faudra faire appel à un professionnel RGE
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À propos de l'auteur : Matthieu H.

Après plusieurs années dans diverses entreprises du BTP, j'ai tout quitté pour me lancer dans l’aventure de Monexpert. Ce fut, pour moi, l’opportunité de transmettre mon savoir-faire et mes connaissances auprès des particuliers.